Vérité L'aveu
Ils t’ont donné des mots savants pour embaumer ta douleur : « Blessure d’abandon », « Schéma répétitif », « Manque de validation primaire ». Comme si nommer la plaie pouvait en arrêter le saignement. Mais personne ne t’a parlé de l’épuisement — celui qui te ronge les os à force d’attendre, chaque matin, que quelqu’un te dise : Tu as le droit d’être là.
Personne ne t’a dit que cette petite fille en toi ne dort jamais. Qu’elle se réveille avant toi, les poings serrés, prête à mendier une reconnaissance qui n’existe pas. Qu’elle boit ton énergie comme une plante morte aspire l’eau d’un vase vide. Et que tu vis, depuis des années, avec un cadavre dans les veines.
Celui qui partage ton lit n’est pas ton père. Regarde ses paupières closes, son souffle irrégulier. Cet homme n’a pas les mots que ton père t’a volés en silence. Et pourtant, tu l’as puni mille fois pour ce vol qu’il n’a pas commis. Tu as exigé de ses mains maladroites qu’elles te recousent une enfance en lambeaux. Tu as transformé ses silences en condamnations, ses oublis en preuves que tu ne mérites pas d’exister. Tu ne cherches pas un amant. Tu cherches un acte de naissance qu’aucun homme ne pourra jamais signer.